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Loi immigration : en pénurie de main d'œuvre, ces patrons veulent régulariser leurs salariés

TF1 | Reportage Benoit Christal, Ignacio Bornacin, Tristan Vartagnan
Publié le 12 décembre 2022 à 12h03
JT Perso

Source : JT 20h WE

Face à la pénurie de candidats dans de nombreux métiers en tension, le gouvernement a présenté cette semaine son projet de loi immigration.
Elle contient notamment l’idée d’un titre de séjour spécifique pour les travailleurs sans-papiers déjà présents sur notre territoire.
Une évidence selon de nombreux chefs d'entreprise.

Dans une petite boulangerie de village, chaque matin, depuis deux ans et demi, Sidi, un jeune Malien de 19 ans, travaille aux fourneaux. Il a été embauché en septembre dernier en CDI pour 1 800 euros nets par mois. Mais la préfecture vient de révoquer son permis de séjour. Il risque d’être expulsé, alors que son patron se bat pour le faire régulariser. "Si jamais Sidi quittait l'entreprise, clairement, je ferme. Parce qu'on ne pourra plus fabriquer", explique ce patron.

"Je ne peux pas le licencier, c'est humainement impossible"

La boulangerie du village pourrait donc fermer, d’autant plus qu’employer un sans-papiers est illégal, puni de 15 000 euros d’amende, mais le patron assume. "Je ne peux absolument pas le licencier, je n'en suis pas capable. Il a été parfaitement loyal avec moi pendant deux ans et demi, des liens se sont créés, je ne peux pas le licencier, c'est humainement impossible", explique-t-il. Il y a en France 600 000 à 700 000 sans-papiers selon le ministère de l’Intérieur. Certains employeurs les font travailler de façon totalement illégale, sans les déclarer ou sous de faux noms.

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Sur le chantier du futur village des Jeux olympiques, une enquête préliminaire a été ouverte, il y a six mois, par la justice pour travail dissimulé. Depuis, un syndicaliste est parvenu à faire régulariser une trentaine d’ouvriers. Les mentalités commencent à changer, notamment dans la restauration, où il est difficile de tenir sans la main d'œuvre immigrée. 

Dans cet établissement, le patron a renoncé à engager son apprenti malien devenu clandestin le jour de sa majorité. "Ce sont de bons éléments, et on en a besoin, pourquoi ne pas les garder ? Vu qu'on a des métiers tendus, et qu'on a du mal à trouver du personnel parfois. Autant garder les personnes qui ont envie de travailler, et qui sont en place", explique ce chef d'établissement. 200 000 postes seraient non pourvus dans le secteur de la restauration et de l'hôtellerie, selon les professionnels. Plusieurs d'entre eux demandent une régularisation rapide des travailleurs sans-papiers. 


TF1 | Reportage Benoit Christal, Ignacio Bornacin, Tristan Vartagnan

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