Dans les restaurants, les hôtels, les campings et les gîtes, les saisonniers manquent déjà à l'appel en ce long week-end de l'ascension.
Au total, 200.000 postes sont à pourvoir avant même l'arrivée de l'été.
Reportage du 20H de TF1 au Cap-Ferret (Gironde) où les professionnels du tourisme et les commerçants s'inquiètent.

Dans la rôtisserie "Maison Plume", les clients sont au rendez-vous. Mais faute de personnel, Louis Jaubert, gérant, est contraint de fermer son établissement le soir : "C'est clairement un manque à gagner. J'ai des charges sur l'année mais une saison, ici, ne dure que trois mois. Aujourd'hui, on ne trouve pas de personnel pour travailler."  Il aimerait ouvrir d'autres rôtisseries dans la Gironde. Sans réussir à recruter, c'est un projet au point mort. "Le Covid a permis à des gens de vivre différemment. "C'est des métiers passion mais tellement difficiles qu'au bout d'un certain moment, on en a marre et on se tourne vers d'autres secteurs d'activités" explique-t-il.

Personne ne viendrait travailler si on ne les logeait pas.
Valérie Caniouw, gérante de l'hôtel Le sporting (Lège-Cap-Ferret)

Le logement fait partie de ce qui bloque les candidats. Il est difficile de trouver une location de courte durée dans un endroit si touristique. "Une personne qui a un salaire qui n'est pas forcément élevé ne va pas s'amuser à dépenser quasiment la moitié dans un loyer", confie un employé dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. Pour convaincre les candidats, Valérie Caniouw, hôtelière, a décidé de réserver un de ses appartements aux saisonniers. "En saison, cet appartement serait loué 250 euros la nuit mais personne ne viendrait travailler si on ne les logeait pas. Avant les jeunes pouvaient aller dans un camping mais maintenant même les campings sont très onéreux", regrette cette professionnelle.

Mais le logement ne suffit pas toujours. Toujours au Cap Ferret, l'hôtel "La Frégate" recherche encore deux salariés. Christine Hourquebie, gérante, et son adjointe doivent travailler cette semaine, faute d'avoir pu recruter. Et le planning de cet été 2024 risque d'être morcelé. "Au lieu d'avoir des gens qui font toute la saison, c'est-à-dire de juin à septembre, on aura quelqu'un qui arrivera  en juin ou en juillet et qui finira en août et c'est moi qui boucherai les trous", déplore-t-elle. Cet été, la mairie réservera à nouveau son camping municipal aux saisonniers, dans l'espoir de répondre au maximum aux besoins des commerçants.


La rédaction de TF1 TF1 | Reportage Alexandra Vieira, Christophe Devaux

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