François Alix, sculpteur sur ferraille dans la Vienne, vit une situation ubuesque.
L'État le somme, sous peine de sanctions, de déclarer son terrain en déchetterie.
François Alix exprime sa colère auprès de TF1.

Des fleurs par milliers, dont le métal se confond parfois avec un coquelicot. Depuis dix ans, François Alix recycle et transforme de la ferraille dans son jardin. Mais les services de l'État n'y voient aucune poésie. "Si on les écoute, nous sommes dans une déchetterie, ce qui est un paradoxe. Moi, j'appelle ça 'Magic Hortus'", les services de l'administration considèrent que c'est juste des déchets", s'offusque l'artiste.

Pour cet habitant de la commune de Verrue, dans la Vienne, tout commence en mars avec un contrôle de la direction régionale de l'environnement. François explique alors sa démarche : il crée des tableaux avec ses sculptures géantes, et laisse la nature s'y installer. Sur ce terrain dont il est le propriétaire, l’État relève plusieurs infractions : la présence de voitures hors d'usage et le stockage de grandes quantités de déchets, notamment des métaux sur plus de 1000 mètres carrés.

Ironie de l'histoire, il travaille pour des institutions publiques

À l'entrée du jardin, les pièces de ferraille sont effectivement déposées en désordre, parfois dans un déséquilibre artistique qu'on aperçoit depuis la route. Le sculpteur trouve ici son inspiration. "Moi, je m'emploie depuis 10 ans, à récupérer, à éviter de jeter, à faire attention aux objets. C'est vraiment un voyage en absurdie", poursuit-il. "Si quelqu'un se promène, il reconnait une fleur, en aucun cas un déchet, je ne suis pas fou, lance-t-il également. Je m'en fous qu'on n'aime ou pas mon travail, en tout cas, on n'a pas le droit de dire que ce n'est pas un travail artistique".

Alors, François Alix doit-il mettre aux normes son terrain pour en faire une déchetterie ? À Loudun, la ville voisine, les avis sont partagés. "Je ne vois pas pourquoi il ne paierait pas. C'est normal, je ne vois pas pourquoi, lui, il passerait à côté", estime un homme. "C'est un artiste, qu'il s'exprime, je n'ai rien contre", dit en revanche une femme. Une autre se montre enthousiaste
: "On voit ses sculptures quand on passe, c'est joli. Je suis la première à regarder quand je conduis, et c'est un plaisir".

Ni les services de l'État, ni le procureur n'ont accepté de s'exprimer sur cette affaire. François Alix, lui, voudrait sauver son outil de travail : "Je ne suis pas à la retraite, je ne suis vraiment pas près d'y être, donc je fais mes sculptures, je gagne ma vie avec ça, que demander d'autre ? La vie est belle normalement". Ironie de l'histoire, le scuplteur travaille souvent pour des institutions publiques qui, elles, reconnaissent son talent artistique.


La rédaction de TF1info | Reportage Cécile Madronet, Thomas Gathy

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