Le taux d’emploi n'a pas été aussi élevé depuis longtemps en France, avec un problème de pénurie de candidats dans bien des secteurs.
Résultat, les codes du recrutement ont changé.
TF1 décrypte ce phénomène.

"Merci d'être là aujourd'hui pour un poste qu'on a ouvert à l'Île Maurice". Vous avez bien lu, dans cette société, on propose de vous embaucher à l'autre bout du monde tout en gardant un salaire français. Antoine, ingénieur de formation, est le sixième à passer devant les recruteuses de LeHibou, plateforme qui met en relation spécialistes freelances de l'informatique et entreprises. Et curieusement, le candidat n'a rien à faire, c'est la DRH qui parle 90% du temps. "L'avantage de là-bas, c'est que vous avez votre maison avec piscine, avec le jardinier qui est compris", poursuit celle-ci, Audrey Dufrenne. 

Il s'agit de séduire à tout prix, car offrir un CDI ne suffit plus à retenir les talents, surtout les plus diplômés. Les démissions s'accumulent : rien qu'au premier semestre 2022, 523.000 Français ont quitté leur poste, selon la Dares. Et quand ils restent, 34% des salariés envisagent de rompre leur contrat, notamment les plus jeunes. "La jeune génération est plutôt volatile aujourd'hui, analyse Audrey Dufrenne. En moyenne, un profil entre 25 et 30 ans reste 18 mois dans une société. Donc, comment on fait pour se différencier, attirer les candidats quand on n'a pas des salaires qui sortent de l'ordinaire ? Qu'est-ce qu'on trouve pour donner ces paillettes, pour fidéliser ?". "Il faut que le métier plaise, que l'ambiance générale soit saine. Si on n'a pas tout ça, c'est sûr qu'on ne travaille pas à 100%", commente de son côté Antoine.

Autrefois considéré comme un luxe, le bien-être en entreprise est devenu primordial. Les 18-34 ans sont désormais ceux qui ont le plus souvent recours aux arrêts maladie, et ce n'est pas un hasard : pour beaucoup, le confinement a été l’occasion de revoir complètement le rapport au travail. La priorité est désormais de concilier la vie professionnelle avec la vie personnelle.

Ce phénomène, qualifié de "grande démission", a pris forme outre-Atlantique durant le confinement. Alexandra Sarlieve, co-fondatrice de l'entreprise Present Perfect, en a tiré des leçons pour sa société basée en région parisienne. Cette dirigeante d'origine américaine, que le reportage de TF1 montre également lors d'un entretien d'embauche, a donc proposé aux salariés de choisir eux même leurs horaires et leur salaire. En moyenne, ils ont demandé une augmentation de 12%, et un an plus tard, les nouvelles recrues sont toujours là. 

Ce changement de mentalité, on le doit d'abord au marché du travail, plus favorable qu’avant : 80 % des démissionnaires, tous métiers confondus, retrouvent un emploi en moins de six mois.


La rédaction de TF1info | Reportage David De Araujo, Vincent Abellaneda

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