VIDÉO - "700 euros de plus sur le salaire" : ces saisonniers qui délaissent la France pour la Belgique

par F.R | Reportage TF1 Sébastien Hembert, Bora Agirbass et Elias Hassani
Publié le 26 avril 2023 à 23h35, mis à jour le 27 avril 2023 à 14h52

Source : JT 20h Semaine

Le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a diminué de 1,2% en France au premier trimestre.
L'hôtellerie et la restauration font partie des secteurs qui recrutent.
Dans le Nord, près de la frontière belge, la tâche est ardue car les salaires sont plus attractifs en Flandre-Occidentale.

C'est un début d'année positif sur le front du chômage : le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A a encore enregistré une baisse significative de 1,2% en France au premier trimestre, soit 36.7000 inscrits en moins. Un secteur est particulièrement en demande, celui de l'hôtellerie et restauration. 

Mais dans certaines régions, il est plus difficile de trouver des candidats. C'est le cas dans les Hauts-de-France et particulièrement près de la frontière belge. La raison ? Les salaires, plus élevés chez nos voisins. 

À Dunkerque, nombreux sont les établissements qui peinent à recruter. À la "Brasserie de la place", cinq postes sont à pourvoir. Sans succès. "Les jeunes partent travailler sur la Belgique et nous, sur la côté, on est un peu leurrés. On n’arrive pas à recruter le personnel", soupire Daniel Claeysen, le responsable du restaurant-glacier, au micro du 20H de TF1. 

Car depuis Dunkerque, la frontière n'est qu'à dix minutes de voiture. Dix minutes de plus, et on arrive à La Panne, une importante station balnéaire belge. Sur la digue, 90% des employés sont Français, à l'instar de Matisse Marécaux, salarié du restaurant "Le Beaulieu". Le jeune homme, qui habite à Dunkerque, explique qu'il y a "700 euros de différence pour la même charge de travail par mois" entre la Belgique et la France. L'écart est tel que sa responsable, Madeleine Smets, n'engage que des Français, "surtout des étudiants". "Pendant les vacances, ils passent pour postuler", explique-t-elle.

Les salaires belges indexés sur l'inflation

Pourquoi une telle différence ? En Belgique, les salaires sont indexés sur l'inflation. Ils ont, par conséquent, beaucoup augmenté au cours des derniers mois. Les charges salariales ne sont également pas les mêmes qu'en France. 

L'afflux de Français est tel dans cette station balnéaire belge que la barrière de la langue, en pleine Flandre-Occidentale où l'on parle néerlandais, n'est pas un problème. "La plupart qui travaillent pour nous, on les fait aller une heure ou deux par semaine à l’école pour apprendre le Néerlandais", explique ainsi Arnaud Vanhove, serveur au bar et restaurant "Kicks" de La Panne. 

En France, pour le même travail, les salariés reçoivent 3 euros de moins en moyenne par heure. Mais le rythme de travail n'est toutefois pas le même en Belgique. "Ce ne sont pas les mêmes conditions de travail, ils font plus que 35 heures. Tout est relatif dans le salaire", souligne Mathias Vigliano, associé gérant du restaurant "La Cocotte" à Dunkerque. 

Dans ce contexte d’inflation, les restaurateurs français se disent prêts à faire un effort sur la fiche de paie. "Aujourd'hui, en 2023, on ne peut plus se permettre, quand on a de bons éléments, de payer les gens au Smic en restauration, ce n’est plus possible", martèle Eric Dubois, président général de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Dunkerque Flandres Littoral. Chaque année, sur la digue de Dunkerque, 200 saisonniers sont recherchés. 


F.R | Reportage TF1 Sébastien Hembert, Bora Agirbass et Elias Hassani

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