L'an dernier, plus d'un million d'enfants et d'adolescents sont partis en colonie de vacances.
Mais à la veille de l'été, 30.000 postes d'animateurs resteraient à pourvoir.
De quoi préoccuper les centres aérés, qui ont le plus grand mal à recruter.

Les joyeuses colonies de vacances peinent à recruter, ce qui préoccupe Delia Sanjuan, la maire de Franvillers (Somme). Le centre de loisirs commence dans seulement deux semaines et il manque toujours un animateur. Pour éviter que l'équipe d'encadrement ait trop d'enfants à gérer, elle devra rejeter des demandes d'inscription. "Je ne me vois pas refuser des enfants. Comment faire ? Sur quels critères ? Je ne vais pas dire à une maman : 'vous ne travaillez pas, donc vous reprenez votre enfant', non", explique-t-elle dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. 

On n'a pas de moniteur de surf. Donc du coup, on fait de la voile
Pierre Delattre, directeur-général de l'association Diabolo

Dans cette commune de 550 habitants, le centre aéré est souvent la solution la plus simple. Alors, les parents devront se débrouiller. "C'est compliqué. Il faut voir avec la famille, mais tout le monde n'a pas la chance d'avoir la famille qui peut s'occuper des enfants", s'inquiète une maman. "Malheureusement, il y a un des deux parents qui reste à la maison pour s'occuper des enfants", renchérit son voisin. 

À 5 kilomètres de là, à Ribemont-sur-Ancre, des organisateurs de vacances sont confrontés au même problème. S'il ne manque aucun matériel sur l'inventaire, l'équipe recherche toujours une vingtaine d'animateurs pour cet été. Elle doit en conséquence baisser de 20% le nombre d'enfants accueillis et faire preuve d'une grande souplesse dans les activités. "Sur la Vendée, on a un séjour sur lequel on avait une thématique aquatique avec principalement de l'initiation au surf. On n'a pas de moniteur de surf. Donc du coup, on fait de la voile", déplore Pierre Delattre, directeur-général de l'association Diabolo. 

Un poste d'animateurs sur dix ne serait pas pourvu en France. Ambre Doublet, animatrice, a une explication. Pour cette directrice de centre de loisirs, les nouvelles recrues sont moins motivées. "Ces animateurs qui ont un à deux ans d'expérience ne vont pas aller jusqu'à 5 ou 10 ans parce qu'ils en ont marre avant. Sur le terrain, parfois, ça parait difficile donc ils arrêtent", avance-t-elle. 

La question du salaire peut aussi dissuader. Pour les jeunes en formation, une majorité sera payée autour de 1200 euros pour un mois de travail en colonie, logé et nourri. "Par rapport à d'autres jobs d'été, on est payé beaucoup mois alors qu'on fait parfois plus d'heures de travail. Et c'est plus compliqué. Il faudrait essayer d'augmenter un peu les salaires pour donner plus envie aux gens de venir", assure Eve Zaouter, une apprentie. Il y a aussi le coût de la formation, souvent au-dessus de 500 euros. Une somme à payer en amont, difficile à assumer pour certains. 


V. F Reportage vidéo : Vincent Lamhaut et Gauthier Delobette

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