VIDÉO - Semaine de 4 jours dans les services publics : ces deux villes ont testé le dispositif

par V. F | Reportage TF1 : Marie Croccel, Christophe Buisine et Vincent Pierron
Publié le 14 février 2024 à 22h44

Source : JT 20h Semaine

Arriver au travail plus tôt le matin et en repartir plus tard le soir en échange d'une semaine de quatre jours, c'est la proposition faite aux fonctionnaires par Gabriel Attal.
Il ne s'agit pas de la semaine de quatre jours, mais en quatre jours, sans réduction du temps de travail.
La formule est déjà expérimentée à Neuilly-sur-Marne et Lyon, avec quels résultats ?

Depuis un an et demi, le mercredi, Nanouk Champs, agent de la mairie de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), ne se pose plus de question pour faire garder sa fille. À la mi-journée, c'est elle qui l'emmène à la danse. Cette responsable du magasin de la ville a fait le choix de condenser sa semaine de 38 heures sur quatre jours et demi, et cela lui change la vie. "Du coup, je peux trouver mon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle tout en gardant à 100 % mon salaire et en m'occupant de ma fille le mercredi après-midi", explique-t-elle dans le reportage de TF1 en tête de cet article. La contrepartie, c'est une amplitude horaire plus importante, car le temps de travail global, lui, reste le même.

Sur la base du volontariat

À Neuilly-sur-Marne, 50 agents sur 300, soit 16%, ont déjà franchi le pas. C'est un système sur la base du volontariat dont Zartoshte Bakhtiari, maire de la commune, fait un argument pour recruter. "C'est un élément qu'on met en valeur assez rapidement dans la fiche de poste en mettant qu'il y a une possibilité de travailler sur quatre jours, quatre jours et demi ou cinq jours", dit-il. 

Sans y être opposé, Gauthier Ferrand, manager du commerce, n'y voit pour lui-même aucun intérêt. "Je n'ai pas d'enfants et de pouvoir être sur quatre jours, quatre jours et demi, c'est limiter aussi les déplacements. Moi, j'habite juste à côté donc c'est pas trop un souci pour moi ce genre de choses", affirme-t-il. D'autant que cela représente jusqu'à dix heures par jour pour ceux qui optent pour la semaine sur quatre jours.

Mais le maire ne voit que des avantages à ce dispositif qu'il a voulu très souple. "Le service public, lui, reste le même, voire s'améliore. Parce qu'en réalité, vous avez des agents plus efficaces qui ont plus de temps pour eux et qui sont aussi plus concentrés quand ils travaillent dans la collectivité", admet-il. Pour l'instant, malgré l'aménagement du temps de travail des agents, les horaires d'ouverture restent les mêmes pour les administrés. 

La seule difficulté qu'il peut y avoir pour moi, c'est l'amplitude horaire
Jalil Hassi, éducateur spécialisé à Lyon

C'est aussi le cas dans la métropole lyonnaise, en phase d'expérimentation depuis seulement quelques mois. Les usagers y seraient pourtant favorables. "Moi, les services plus ouverts, c'est clairement intéressant et important, que ce soit la métropole ou les mairies des arrondissements", assure une jeune femme. Tandis qu'un père de famille souligne que "ça permet une plus grande amplitude horaire, en tout cas pour les services publics". Cela arrivera peut-être à terme, mais à ce stade, les agents, comme Jalil Hassi, éducateur spécialisé, avancent pas à pas. "La seule difficulté qu'il peut y avoir pour moi, c'est l'amplitude horaire. Ça peut représenter des grosses journées et des fois, ça peut être fatiguant. Et aussi au niveau de l'organisation de l'équipe", avance-t-il. 

300 agents de la métropole sur les 5500 potentiellement concernés ont décidé de se lancer. Cela paraît peu, mais tous les postes, comme les services de propreté, ne se prêtent pas à des aménagements horaires. La métropole préfère avancer prudemment et se poser les bonnes questions. "Quelle sera la charge de travail sur les personnes qui n'expérimentent pas cette semaine de quatre jours ? Est-ce qu'il va y avoir un report de charge de travail ? Est-ce que cela va créer des tensions dans les collectifs de travail ?", interroge Zemorda Khelifi, vice-présidente (EELV) en charge des RH à la métropole de Lyon.  

Il faut dire que d'autres administrations publiques ont connu des débuts difficiles, notamment en Picardie. Au départ, seuls 3 des 200 agents s'étaient montrés intéressés par l'expérience.  


V. F | Reportage TF1 : Marie Croccel, Christophe Buisine et Vincent Pierron

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