En 2022, le record d’absentéisme dans les entreprises a été battu.
Près d’un salarié français sur deux s’est absenté au moins une journée l’an dernier.
Un phénomène encore plus marqué chez les jeunes de moins de 30 ans.

C’est devenu une habitude dans le restaurant Vesper, à Paris (VIIᵉ). En cas d’absence soudaine d’un salarié, Pierre, directeur adjoint, doit se retrousser les manches. "On comble les trous et on rallonge nos journées", explique Pierre. Et pour cause, le taux d’absentéisme en entreprise atteint des records. En trois ans, il a bondi de 41%. C’est même +50% pour les moins de 30 ans, des jeunes actifs plus souvent en arrêt maladie. "Ce sont des jeunes, qui manifestement sont sortis de leurs études récemment et sont entrés sur le marché du travail pendant le Covid. Je pense que l’entrée, sur le marché du travail dans cette période-là, a été quelque chose de difficile puisqu’il n’y avait pas forcément de collectif pour intégrer les jeunes", affirme Diane Milleron, directrice générale d’Axa santé et collectives. 

Les troubles psychologiques, première cause d’arrêts maladie

Ces moins de 30 ans sont aussi plus soucieux de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. En 2022, les troubles psychologiques sont devenus la première cause d’arrêts maladie devant les douleurs musculaires. Des troubles plus difficiles à déceler. Laurent Bernard, cofondateur d’Ecojoko, en sait quelque chose. Il dirige une équipe de 25 personnes. "Nous, on a le cas d’un salarié qui a été très rapidement absent. Il était sous l’eau, il était anxieux mais on ne l’a pas perçu. Je trouve ça très dur. C’est très dur parce qu’on n’a pas forcément l’information", déclare-t-il. 

Comme dans beaucoup d’entreprises, après la pandémie, la plupart des employés ont conservé une part importante de télétravail. Le salarié qui a fait ce qui ressemble à un burn-out était donc seul, chez lui. Laurent Bernard en est persuadé : s’il avait été présent dans les locaux, les choses auraient été différentes. "Ça se passe par des petits ressentis. Est-ce que la personne baisse les épaules ? Il n’y a rien qui remplace ça et même plus que ça, c’est une force de pouvoir se voir tous les jours, avoir cet échange-là", poursuit-il. 

Depuis, dans cette PME, le télétravail est limité à une journée par semaine maximum. Le confinement a changé le monde de l’entreprise actuellement en pleine mutation. 


L.T. | Reportage TF1 : Matthieu Poissonnet, William Wuillemin

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